 krimo666  sais abdelkrim | Guerre, morale, propagande et psychologie sociale il y a 250 jours Citation('1398702','1398702','6','1096')">Reporter spam Liens
Definition
wikipedia Psychologie sociale
Expérience de Milgram
Guerre, morale, propagande et psychologie sociale
D'une manière quelque peu tautologique, nous pourrions dire que la psychologie sociale correspond à la discipline que pratiquent ceux qui se nomment psychologues sociaux (« discipline which people who call themselves social psychologists are interested in studying » Insko et Schopler, 1972).
Mais comme le font remarquer Daval, Bourricaud, Delamotte et Doron (1967) « le malheur c'est que les « psychologues sociaux » finissent par s'occuper d'à peu près tout et qu'il n'y a pas de discipline qui touche à des objets plus différents, et qui recourt à des méthodes plus diverses ».
Nous proposons donc ici des définitions de la psychologie sociale données par de nombreux chercheurs. Nous proposerons aussi bientôt un découpage théorique de la discipline ainsi que des différents champs de recherche.
Daval, R, Bourricaud, F., Delamotte, Doron (1967). Traité de psychologie sociale. Paris, PUF.
Insko, C. et Schopler, J. (1972). Experimental social psychology. New York: Academic Press.
Allport, 1954
« La psychologie sociale consiste à essayer de comprendre et d'expliquer comment les pensées, sentiments et comportements des individus, sont influencés par la présence imaginaire, implicite ou explicite des autres »
Source : Allport, G. W. (1954). The historical background of modern social psychology, in G. Lindzey & E. Aronson (Eds), The Handbook of Social Psychology. Reading, Addison-Wesley.
Brown, 1965
« La psychologie sociale étudie les processus mentaux (ou les comportements) des individus déterminés par les interactions actuelles ou passées que ces derniers entretiennent avec d'autres personnes »
Source : Brown, R. (1965). Social psychology. New York, Free Press.
Deconchy, 1980
« Son identité ne s'épuise pas dans un rôle de charnière. Elle ne vise pas seulement à lester la psychologie de données et d'effets de milieu qu'elle irait chercher dans le champ des sociologues, ni à dynamiser la sociologie par l'évocation des mécanismes, des projets et des désirs individuels mis en évidence par les psychologues. La psychologie sociale trouve son identité dans l'analyse des jonctions et des disjonctions entre l'homme et les divers groupes sociaux - réels ou imaginaires, attestés ou contestés, existants ou en projet - dont il fait partie, dont il se retire ou qu'il contribue à mettre en place . Elle tend de ce fait à fonder scientifiquement une lecture conjuguée de l'espace individuel et du champ social, qu'elle refuse de considérer comme des données disjointes. Elle constitue, en fait, un domaine foncièrement original par l'indissociabilité de ces deux points de vue dans une perspective unique. »
Source : La psychologie sociale, manuscrit non publié, Université Paris 10 - Nanterre. Cité par Dubost, J. (2006). Psychosociologie et Intervention. Paris, L'Harmattan.
Baron et Byrne, 1981
« La psychologie sociale est le domaine d'étude scientifique qui étudie la façon par laquelle le comportement, les sentiments ou les pensées d'un individu sont influencés ou déterminés par le comportement ou les caractéristiques des autres »
Source : Baron, R. A. et Byrne, D. (1981). Social Psychology. Boston, Allyn and Bacon
Gergen et Gergen, 1984« La psychologie sociale est une discipline où l'on étudie de façon systématique les interactions humaines et leurs fondements psychologiques »
Source : Gergen, K. et Gergen, M. (1984). Psychologie sociale. Laval, Études Vivantes.
Moscovici, 1984
« La psychologie sociale est la science du conflit entre l'individu et la société »
« La psychologie sociale est la science des phénomènes de l'idéologie (cognitions et représentations sociales) et des phénomènes de communication »
Source : Moscovici, S. (1984). Psychologie Sociale, Paris, Presses Universitaires de France.
Myers et Lamarche, 1992
« La psychologie sociale est « l'étude scientifique de la façon dont les gens se perçoivent, s'influencent et entrent en relation les uns avec les autres »
Source : Myers, D.G. et Lamarche, L. (1992). Psychologie Sociale. New York, McGraw Hill.
Vallerand, 1994
« La psychologie sociale est le domaine d'étude scientifique qui analyse la façon par laquelle nos pensées, nos sentiments et comportements sont influencés par la présence imaginaire, implicite ou explicite des autres, par leurs caractéristiques et par les divers stimuli sociaux qui nous entourent et qui de plus examine comment nos propres composantes psychologiques personnelles influent sur notre comportement social »
Source : Vallerand, R.-J. (Dir.) (1994). Les fondements de la psychologie sociale. Boucherville, Gaëtan Morin.
Smith et Mackie, 1995
« La psychologie sociale est l'étude scientifique des effets des processus sociaux et cognitifs sur la manière dont les individus perçoivent, influencent et interagissent avec autrui »
Source : Smith, E. R. et Mackie, D. M. (1995). Social psychology. New York, Worth.
Leyens et Yzerbyt, 1997
« La psychologie sociale s'intéressera à autrui d'un triple point de vue : sa connaissance, les influences réciproques entre soi et autrui, et les interactions sociales »
Source : Leyens, J.-P. et Yzerbyt, V. (1997). La psychologie sociale. Sprimont, Mardaga.
Beauvois, 1998
« La psychologie sociale s'intéresse, quels que soient les stimuli ou les objets, à ces événements psychologiques fondamentaux que sont les comportements, les jugements, les affects et les performances des êtres humains en tant que ces êtres humains sont membres de collectifs sociaux ou occupent des positions sociales (en tant donc que leurs comportements, jugements, affects et performances sont en partie tributaires de ces appartenances et positions) »
Source : Beauvois J.-L., Joule R.-V., Monteil J.-M. (1998). Vingt ans de psychologie sociale expérimentale francophone. Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble.
Extrait de Guerre, morale, propagande et psychologie sociale
Notes sur la possibilité et la légitimité des guerres
Source : www.revuejibrile.com
Guerre et psychologie sociale
René Girard l’a suffisamment souligné, tuer est un interdit culturel universel si l’on en juge par les dispositifs de contrôle et de limitation de la violence mis au point par tous les groupes humains (et censés pallier l’absence des rituels instinctifs dont nous avons parlé plus haut) ; à l’exception de quelques individus pervers ou de situations exceptionnelles (la guerre en est-elle vraiment une ?), aucun être humain ne trouve « normal », « évident » ou « facile » d’ôter la vie, a fortiori à l’un de ses congénères. Au point que, même durant des situations de combats extrêmement violentes, et contrairement à la croyance qui veut qu’en situation périlleuse, l’agressivité se manifeste spontanément, naturellement, peu de soldats font usage de leurs armes, comme le soulignent Joanna Bourke3 et Philippe Masson4. Pour convaincre un homme de tuer ou, plus précisément, le formater à l’action de tuer, il faut donc jouer sur :
le statut culturel, moral, symbolique, psychologique et social de la victime, de l’ennemi ;
le statut culturel, moral, symbolique, psychologique et social du tueur ;
le statut culturel, moral, symbolique, psychologique et social de l’acte lui-même ;
et le statut moral de la situation : la guerre en général, la guerre où le tueur est impliqué en particulier.
De tous temps, et en particulier dans les systèmes de conscription ou dans les systèmes politiques liés à l’idée de contrat et de volonté populaire, c’est-à -dire d’une certaine responsabilité collective rationnelle, le soldat a dû être préparé à se battre, soit par la vertu de rites proprement religieux ou initiatiques marquant un changement de mode dans l’esprit du guerrier (et de la société, du point de vue juridique, moral, etc. : « l’état de guerre »5), soit par une formation, par l’intégration dans une sociabilité nouvelle qui « l’enrôle », lui donne à la fois la capacité technique et la capacité psychologique et sociale d’agir de manière conforme aux exigences des conflits armés. Nous reviendrons sur les aspects religieux, « imaginaires » et techniques plus loin. En ce qui concerne la capacité psychologique de tuer, elle est axée sur la formation de l’image de l’ennemi ainsi que sur le comportement et les représentations, les croyances du combattant…
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